De la beauté | #méditationdujour

Mis à jour : mars 19



La beauté varie selon les époques, les cultures et les individus pourtant, elle est universelle. Chaque humain en fait l’expérience. Nous sentons ce qu’est le beau mais sommes incapables de l’expliquer. La beauté s’impose sans qu’on puisse la démontrer.


C’est d’abord une sensation, puis un jugement (c’est beau !) qui se transcende en expérience esthétique, voire mystique. C’est au-delà de l’agréable. La beauté diffuse de l’admiration, du ravissement et même, quand elle touche au sublime, peut provoquer de la souffrance car après s’est approché si proche de l’idéal il peut être difficile de revenir au commun. « La beauté c'est ce qui désespère » (Valéry). « La beauté ne ravit pas, elle ravage » (Montaigne). « Le beau n’est que le premier degré du terrible » (Rilke). « Mon Dieu, qu’elle était belle, j’en ai froid dans le cœur » (Édith Piaf).


Ainsi, en atteignant le sublime la beauté lie intimement joie et souffrance et ouvre aux états modifiés de conscience. L’esprit est troublé puis comblé puis ravi au point parfois d’atteindre l’extase. L’extase c’est la Transcendance, l’expérience de la Totalité, de l’Unité, de la Connaissance. L’invisible transparaît alors furtivement à travers le visible.


« Dès les premières mesures je subis une de ces impressions heureuses (…). Je me sentis délivré des liens de la pesanteur et je retrouvais par le souvenir l'extraordinaire volupté qui circule dans les lieux hauts. Ainsi je conçus pleinement l'idée d'une âme se mouvant dans un milieu lumineux, d'une extase faite de volupté et de connaissance et planant au-dessus et bien loin du monde naturel. Sensation de béatitude spirituelle et physique, lumière intense qui réjouit les yeux et l'âme jusqu'à la pamoison... » (Baudelaire).


La beauté est indifférente, elle ne se démontre ni ne s’explique, elle nous échappe, elle reste une énigme, d’où ces multiples tentatives de la définir :

« L'arrangement et la proportion » (Bossuet). « L’unité de la multiplicité, l'accord des éléments d'une diversité, l'harmonie d'une heureuse proportion » (Leibniz). « L'ordre uni à la grandeur » (Aristote). « L'ordre régi par les nombres » (Pythagore). « L’unité dans la variété (…) Une faveur, une finalité sans fin » (Kant). « La beauté se trouve plutôt dans la lumière qui brille sur la symétrie que dans la symétrie elle-même » (Plotin).


En tant que sujet sensible (je), la beauté est pour moi une porte qui s’entrouvre sur les prémices de la compréhension du monde. Elle me laisse entrevoir l’agencement du Mystère de la vie. En tant qu’artiste, ce Mystère me canalise et m’utilise pour s’exprimer au travers de « mes » œuvres, créant ainsi de nouvelles portes. Je vois l’art comme l’expression du Mystère qui au travers de l’humain veut se faire connaître. Par l’art, Il descend vers nous pour se matérialiser dans des œuvres dont la beauté va nous permettre de monter vers lui. Chacun ayant une conception différente de la beauté, cela explique peut-être la diversité de l’art. En montant vers le Mystère par le biais de la beauté nous prenons connaissance de lui et lui permettons aussi de se connaître lui-même, puisque nous sommes nous-mêmes une expression du Mystère. Ainsi, l’art est une tentative de communication et d’union entre l’essence même de la vie et nos incarnations et vice versa. Et comme nous sommes à la fois l’Un et l’Autre, l’art est une tentative de connaissance du Soi.


Pour terminer en… beauté 😉, voici une dernière tentative de définition que je trouve… très belle ! 😊

« La beauté n’est pas un simple ornement. La beauté c’est un signe par lequel la création nous signifie que la vie a du sens. (…) l’univers vivant n’est pas une énorme entité neutre et indifférenciée (…) il est mû par une intentionnalité ». (…) Une simple fleur c’est un miracle (…) ce degré de perfection de forme et de couleur et de parfum (…) on ne s’étonne jamais assez » (François Cheng).


- Claire Armange


Crédit photo Cosmos : Une odyssée à travers l'univers.

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